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Comment les prix alimentaires ont évolué en Suisse : 60 ans de données, et pourquoi manger coûte moins qu’il n’y paraît

Les prix alimentaires en Suisse ont augmenté bien plus lentement qu’on ne le croit. Sur 60 ans, ils n’ont progressé que modérément en francs, bien moins vite que les salaires, si bien que l’alimentation pèse aujourd’hui une part plus faible du revenu qu’autrefois : environ 6 à 7% du revenu brut d’un ménage, contre près d’un tiers à la fin des années 1960. La Suisse a certes l’alimentation la plus chère d’Europe (niveau de prix de 161.1 avec l’UE à 100 en 2024), mais comme les revenus sont élevés, c’est aussi l’un des pays où l’alimentation pèse le moins. Et en ce moment les prix baissent : l’alimentation et les boissons non alcoolisées étaient 1.2% moins chères en mai 2026 qu’un an plus tôt (Office fédéral de la statistique).

Comment les prix alimentaires ont évolué en Suisse : 60 ans de données, et pourquoi manger coûte moins qu’il n’y paraît

Dernière mise à jour : juin 2026.

Rappn est la seule application de comparaison de prix neutre en Suisse, sans accord commercial avec aucun détaillant. Nous ne sommes payés ni par Migros, ni Coop, Aldi, Lidl, Denner, Aligro ou Otto’s. Tous les chiffres ci-dessous proviennent de statistiques officielles (Office fédéral de la statistique, Banque nationale suisse, Eurostat) ; les sources sont nommées pour que vous puissiez les vérifier.

En bref : prix un peu plus hauts, salaires bien plus hauts

Demandez à n’importe qui en Suisse : les courses coûtent toujours plus cher. Les données officielles racontent une histoire plus nuancée. Oui, la Suisse a les rayons les plus chers d’Europe. Mais rapportée au salaire, l’alimentation est devenue plus abordable depuis des décennies, et après la vague d’inflation de 2022 à 2023 elle est aujourd’hui moins chère qu’il y a un an. Voici ce qui a vraiment changé, et d’où viennent les chiffres.

  • Les prix ont monté modérément en francs sur 60 ans, bien moins vite que les salaires.
  • Les salaires ont monté plus vite que les prix : salaires réels en hausse d’environ 12 à 13% depuis 2000 (OFS / economiesuisse).
  • L’alimentation pèse une part plus faible du revenu que jamais : environ 6 à 7% du revenu brut aujourd’hui, contre environ un tiers en 1969.
  • La Suisse est le pays le plus cher d’Europe pour l’alimentation (161.1, UE=100, 2024) mais y consacre l’une des plus petites parts de revenu.
  • Les prix baissent en 2026 : moins 1.2% sur un an en mai 2026 (OFS).

Comment les prix alimentaires ont évolué, année après année

L’événement marquant fut la vague d’inflation 2022 à 2023. L’inflation globale a atteint +2.8% en 2022, son plus haut depuis 1993, et l’alimentation a grimpé plus vite encore, culminant autour de +5% sur l’année jusqu’au printemps 2023 et à +3.3% en décembre 2023 (OFS, via moneyland et SRF Kassensturz). Puis tout a refroidi vite. L’inflation moyenne n’était que de +0.2% en 2025, et en 2026 les prix alimentaires sont devenus négatifs.

food-inf-fr-2%0%+1%+3%+5%+6%+4.0%2022+5.4%Printemps2023+3.3%Déc.2023-0.5%Mars2026-0.8%Avr.2026-1.2%Mai2026
Alimentation et boissons non alcoolisées, variation sur un an. La valeur 2022 est approximative et celle du printemps 2023 est un pic sur 12 mois (SRF Kassensturz et moneyland d’après l’OFS) ; décembre 2023 et les valeurs mensuelles 2026 proviennent des communiqués de l’OFS. Source : Office fédéral de la statistique (OFS), via moneyland.ch, SRF et Trading Economics.
AnnéeInflation globale (moyenne annuelle)
2022+2.8% (plus haut depuis 1993)
2023+2.1%
2024+1.1%
2025+0.2%
2026 (mai, sur un an)+0.6% global ; alimentation −1.2%

Les prix changent d’une semaine à l’autre selon les enseignes, bien plus que ne le suggère une moyenne annuelle. C’est précisément pourquoi une comparaison en direct vaut mieux qu’un chiffre annuel : Rappn suit les prix de la semaine chez Migros, Coop, Aldi, Lidl, Denner, Aligro et Otto’s, pour que vous voyiez ce que coûte votre panier aujourd’hui, pas l’an dernier.

Prix face au salaire : les courses sont devenues moins chères en temps de travail

C’est ce que la plupart oublient. Ce qui compte n’est pas l’étiquette, mais le temps de travail nécessaire pour la payer. Les salaires réels suisses (après inflation) ont progressé d’environ 12 à 13% depuis 2000 (OFS / economiesuisse), et le salaire médian a franchi pour la première fois CHF 7,000 en 2024, atteignant CHF 7,024 (enquête suisse sur la structure des salaires, OFS), contre CHF 6,788 en 2022. La vague d’inflation 2022 à 2023 a bien comprimé le pouvoir d’achat (salaires réels moins 1.9% en 2022, moins 0.4% en 2023), mais ils se sont redressés en 2024 (+0.7%) et 2025 (+1.6%, la plus forte hausse réelle depuis 2009).

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Salaires réels, c’est-à-dire après déduction de l’inflation, indice 2020 = 100. Le creux est la compression du pouvoir d’achat de 2022 à 2023 ; la reprise, 2024 à 2025. Source : Office fédéral de la statistique (OFS), communiqués sur l’évolution des salaires 2021 à 2025.

Sur la longue durée, l’écart est saisissant. Un litre de lait coûtait environ CHF 0.57 en 1960 et environ CHF 1.83 en 2024, soit environ trois fois plus en francs (série de prix OFS). Mais les salaires mensuels ont augmenté bien davantage sur la même période, si bien qu’un litre de lait coûte une fraction du temps de travail d’autrefois. Le prix en francs a monté ; le prix réel, en minutes de travail, a baissé. (Le rapport salaire/lait à long terme est indicatif : les salaires des années 1960 sont des estimations historiques.)

Le facteur franc : pourquoi l’alimentation importée n’a cessé de baisser

Une force importante et discrète derrière les prix suisses est la vigueur du franc. Comme la Suisse importe une large part de son alimentation et de ses emballages, un franc plus fort réduit avec le temps le coût en francs de ces importations. Et le franc grimpe depuis cinq décennies : le dollar américain est tombé de 4.31 francs en 1970 à 0.83 en 2025, et l’euro de 1.60 franc en 1999 à environ 0.94 en 2025 (Banque nationale suisse). L’euro a même été plafonné à CHF 1.20 dès 2011, jusqu’à ce que la Banque nationale abandonne ce cours plancher en janvier 2015.

franc-frDollar US (CHF par USD)Euro (CHF par EUR)0.00.91.82.83.74.6197019801990200020102020
Taux de change en moyenne annuelle, francs suisses par dollar américain (dès 1970) et par euro (dès 1999). Une ligne qui descend signifie que le franc achète davantage. Source : Banque nationale suisse (data.snb.ch).

Le hic : les détaillants n’en répercutent qu’une partie. Un franc fort explique en partie pourquoi les produits de base importés sont moins chers qu’ils ne le seraient, mais cela n’apparaît pas automatiquement sur chaque rayon, d’où l’intérêt de comparer entre enseignes.

Quelle part du budget pour l’alimentation ? Moins à chaque décennie

Il existe une règle du XIXe siècle, la loi d’Engel : plus un ménage s’enrichit, plus la part consacrée à l’alimentation diminue, même quand la qualité augmente. La Suisse en est un cas d’école. L’alimentation représentait environ un tiers des dépenses de consommation en 1969 et environ un dixième en 2019 ; aujourd’hui, l’alimentation et les boissons non alcoolisées représentent environ 6 à 7% du revenu brut (environ CHF 629 par mois en 2022, enquête OFS sur le budget des ménages). À titre de comparaison, le revenu brut moyen des ménages a atteint CHF 10,341 par mois dans la dernière enquête de 2023.

engel-fr0%11%22%34%45%56%191919451969199520226%
Part de l’alimentation dans le budget des ménages sur un siècle. Les dénominateurs diffèrent selon la période (part du budget total pour 1919 et 1945 ; des dépenses de consommation pour 1969 et 2019 ; du revenu brut pour 2022), lisez donc la tendance, pas le pas exact. Sources : Office fédéral de la statistique (OFS) ; chiffres historiques via Bilanz / Handelszeitung.

La Suisse face au monde : rayons les plus chers, charge la plus légère

Selon la comparaison Eurostat 2024, la Suisse est le plus cher de 36 pays européens pour l’alimentation et les boissons non alcoolisées, avec un niveau de prix de 161.1 (UE=100), soit environ 61% au-dessus de la moyenne UE et devant les autres pays alpins et nordiques à coûts élevés. La France est à 111.5, l’Italie à 104.0 et l’Allemagne à 102.9.

plvl-fr0.043.887.5131.3175.0Suisse161.1Islande146.3Norvège130.6Luxembourg125.7France111.5Autriche110.9Italie104.0Allemagne102.9Moyenne UE100.0Roumanie74.6UE = 100
Niveau de prix comparatif pour l’alimentation et les boissons non alcoolisées, 2024, moyenne UE = 100. Source : Eurostat (programme de parités de pouvoir d’achat 2024), via Euronews.
PaysNiveau de prix alimentaire (UE=100), 2024
Suisse161.1
Islande146.3
Norvège130.6
Luxembourg125.7
France111.5
Autriche110.9
Italie104.0
Allemagne102.9
Moyenne UE100.0
Roumanie74.6

Voici le paradoxe. Malgré les prix les plus élevés, la Suisse consacre l’une des plus petites parts de budget à l’alimentation, parce que les revenus sont très élevés. L’alimentation y représente environ 9.9% de la consommation des ménages, moins qu’en Allemagne (11.3%), en France (13.5%) et en Italie (15.0%). Seuls quelques pays très riches comme les États-Unis (environ 7%) dépensent moins ; dans les pays les plus pauvres, la part peut dépasser 50% (UNdata, USDA).

share-fr0.0%4.3%8.5%12.8%17.0%États-Unis7.0%Suisse9.9%Allemagne11.3%France13.5%Italie15.0%
Alimentation en part de la consommation des ménages, dernière année disponible par pays. Le Soudan du Sud, extrême mondial à environ 91%, est hors échelle. Sources : UNdata / Destatis ; USDA Economic Research Service.

Produit par produit : lait, pain, beurre et chocolat

En zoomant sur des produits isolés, le long calme étonne. Un litre de lait est passé d’environ CHF 0.57 (1960) à environ CHF 1.83 (2024), mais il avait déjà atteint environ CHF 1.83 vers 1990 : en francs, le lait n’a donc presque pas bougé en une génération (série de prix OFS via Statistik Stadt Bern).

milk-fr0.000.420.841.261.682.10191419451970199520241.83
Prix de détail nominal en moyenne annuelle d’un litre de lait entier pasteurisé en Suisse. Non corrigé de l’inflation. Source : Office fédéral de la statistique (OFS), série de prix via Statistik Stadt Bern (table T 05.01.100, 2025).
staples-fr196020240.000.601.201.802.403.000.571.83Lait 1 L1.072.04Beurre 100 g1.742.55Œufs (6)0.892.52Choc. 100 g
Produits de base du quotidien, prix nominal en francs, 1960 contre 2024 (non corrigé de l’inflation). Source : série de prix OFS via Statistik Stadt Bern (T 05.01.100, 2025).
Produit19602024
Lait, 1 litreCHF 0.57CHF 1.83
Beurre, 100 gCHF 1.07CHF 2.04
Œufs (6)CHF 1.74CHF 2.55
Chocolat au lait, 100 gCHF 0.89CHF 2.52

La douleur récente se concentre sur des produits frappés par les cours mondiaux. Le prix mondial du cacao a environ triplé pour atteindre quelque USD 12,000 la tonne en 2024, et une tablette de chocolat au lait Lindt est passée de CHF 2.45 à CHF 3.60 (environ +40%) en deux ans ; le chocolat a augmenté de 9.3% en 2025 (foodaktuell ; Tages-Anzeiger d’après l’OFS). L’huile d’olive a bondi de près de 38% entre début 2021 et le printemps 2023 (panier-test K-Tipp), puis a reculé d’environ 8% en 2025. Et la concurrence peut jouer dans l’autre sens : lors d’une guerre des prix du pain en octobre 2025, des discounters ont baissé un pain de 500 g à CHF 0.99.

Ce que cela signifie pour votre panier (et comment payer moins)

Le bilan honnête : la photo d’ensemble est plus favorable que l’humeur. L’alimentation est la plus chère d’Europe ici, mais elle pèse une part décroissante de revenus en hausse, et en 2026 elle baisse. Les moyennes, toutefois, ne sont pas votre panier. Ce que vous payez vraiment dépend bien plus de l’endroit où vous faites vos courses, de la semaine et des produits que de la tendance nationale, car une enseigne gagne sur les produits laitiers cette semaine et une autre sur le poulet ou le vin la suivante.

C’est l’écart que comble une comparaison neutre. Comme Rappn n’a aucun accord avec les détaillants, il montre simplement où le panier de la semaine est le moins cher parmi les sept enseignes, filtré par canton. Pour les raisons structurelles derrière le niveau de prix, voir pourquoi les courses sont chères en Suisse ; pour l’année en cours, l’inflation alimentaire en Suisse 2026 ; et pour agir, le supermarché le moins cher de Suisse et comment économiser sur les courses. Surveillez aussi les tailles d’emballage, car certaines hausses se cachent dans la réduflation.

Sources vérifiées: .

L'histoire, c'est le long terme; ceci, c'est aujourd'hui. L'écran d'accueil de Rappn montre les actions de la semaine, les cartes de fidélité, les alertes de prix et votre liste de courses pour les sept enseignes, pour voir le vrai prix maintenant, pas la moyenne de l'an dernier. Tapez un produit pour essayer.

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Questions fréquentes

Les prix alimentaires en Suisse ont-ils vraiment augmenté ?

En francs, oui, mais modérément, et bien plus lentement que les salaires. Sur le long terme, l’alimentation est devenue plus abordable, pas moins. En ce moment, les prix baissent même : l’alimentation et les boissons non alcoolisées étaient 1.2% moins chères en mai 2026 qu’un an plus tôt (Office fédéral de la statistique, OFS).

Pourquoi l’alimentation est-elle si chère en Suisse ?

La Suisse a le niveau de prix alimentaire le plus élevé d’Europe (161.1 avec la moyenne UE à 100 en 2024, Eurostat), surtout en raison des coûts intérieurs élevés, de la protection agricole et des règles d’importation, pas des détaillants. Nous expliquons les raisons structurelles dans notre guide sur pourquoi les courses sont chères en Suisse.

Combien un ménage suisse moyen dépense-t-il en courses ?

Environ CHF 629 par mois en alimentation et boissons non alcoolisées en 2022, soit environ 6.3% du revenu brut (enquête sur le budget des ménages, OFS). Cette part baisse depuis des décennies.

L’alimentation est-elle moins chère qu’il y a un an ?

Oui. Selon l’OFS, l’alimentation et les boissons non alcoolisées ont reculé de 1.2% sur un an en mai 2026 (après 0.8% en avril 2026), alors que l’inflation globale était d’environ +0.6%.

Les salaires ont-ils suivi les prix alimentaires ?

Ils les ont dépassés. Les salaires réels (après inflation) ont progressé d’environ 12 à 13% depuis 2000 (OFS / economiesuisse), et le salaire médian a atteint CHF 7,024 par mois en 2024. Comme les prix alimentaires ont monté moins vite que les salaires, les courses coûtent moins de temps de travail qu’autrefois.

Quel pays a les courses les plus chères ?

La Suisse, selon la comparaison Eurostat 2024 de 36 pays : un niveau de prix de 161.1 (UE=100), devant l’Islande (146.3) et la Norvège (130.6).

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